28 décembre 2005

La mélancolie des fêtes de fin d’année

Père Noël 1

« Noël n’est pas un jour ni une saison, c’est un état d’esprit. » dixit Calvin Coolidge, 30ᵉ président des États-Unis, de 1923 à 1929 (pour celles et ceux qui désirent en savoir plus sur le personnage, je les engage à jeter un coup d’œil à l’article de Wikipédia). Je pense que c’est exactement ça : Noël est essentiellement un état d’esprit. Par contre, il n’y a pas un unique état d’esprit. La vision de Noël est différente d’une personne à une autre, en fonction de son éducation, son vécu, etc.


Il y a à peine quelques mois, je revoyais Gremlins, un film que j’avais vu étant plus jeune (je me rappelle que j’étais à l’école primaire). À cette deuxième vision — bien des années plus tard, donc —, je fus frappé par l’extrême noirceur du film qui se déroule pendant les fêtes de fin d’année. Kate Beringer (jouée par Phoebe Cates) explique comment pour elle Noël est une fête qui a viré au cauchemar : son père avait disparu juste avant le réveillon pour ne plus revenir. Seulement, il n’avait pas abandonné sa famille, comme la mère et la fille crurent comprendre. Il a voulu jouer au père Noël et donc arriver par la cheminée. Il y est resté coincé et y est mort. Le scénario est signé Chris Columbus — réalisateur de nanars “familiaux” et bien-pensants du style Maman, j’ai raté l’avion (1990), Mrs. Doubfire (1993), Ma meilleure ennemie (1999) ou encore les deux premiers Harry Potter (2001 et 2002) —, ce qui m’a également surpris.

Gremlins n’est pas le seul film à présenter Noël sous un mauvais jour. L’un des films les plus cultes du cinéma français, Le père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré (1982), s’est chargé aussi de démystifier la fête de Noël.


Père Noël 2

Ma vision de Noël se rapproche de celle dégagée par ces deux films, complètement différents. Pourtant, mon père n’est pas mort, coincé dans la cheminée, ou je ne suis pas fait menacer par un Félix furax. Non, mais depuis plusieurs années, Noël et le réveillon de la St-Sylvestre me rendent très mélancolique. Je pense avoir trouvé la raison à cela. Il faut pour cela remonter au réveillon de Noël de 1993. Dans la façon qu’a ma famille de fêter Noël et le nouvel an, il y eut un avant et un après 1993. Le schisme entre la famille de mon père et la famille de ma mère date également de ce Noël 1993. Avant, la façon de fêter Noël et le nouvel an se déroulait de la même manière : mes parents accueillait la famille de mon père (ma grand’-mère mais aussi ma tante, son mari et la fille de son mari) pour le réveillon de Noël. Le jour de l’an se partageait entre les deux familles : déjeuner chez ma grand’-mère paternelle puis visite chez mes grands-parents maternels où on retrouvais ma tante, sœur de ma mère, son mari et mes deux cousins.

Or, ce Noël 1993, ma mère décréta qu’elle n’avais pas envie de recevoir sa belle-famille pour le réveillon. Je n’ai appris que plus tard les raisons qui l’ont poussé à faire ça (j’avais 12 ans à l’époque). En fait, elle prenait sur elle la moindre remarque (non pas formulée dans la volonté de nuire) de la part de ma grand’-mère ou de feu-ma tante. Aussi, elle profita du fait que mon père était parti faire des courses de dernière minute pour nous proposer une alternative au repas familial. Elle avait des arguments “de taille” : aller voir le film Beethoven 2 — un nanar américain qui met en scène un saint-bernard — et d’aller manger au McDo. Le projet a séduit mes sœurs et moi (nous avions respectivement 8, 10 et 12 ans). En effet, on avait vu Beethoven, premier du nom, l’année dernière au cinéma et il nous avait beaucoup plu (pour ma défense, je dirais que j’avais 11 ans à l’époque et que j’avais pas la télé…). Et puis, à cet âge, quel bonheur quand on vous propose le McDo !

Je me rappelle très bien, quand nous sommes revenu à la maison, ma tante m’avait dit que mon père était très triste d’avoir été abandonné de la sorte et m’avait demandé pourquoi j’avais suivi ma mère, et par cela fuir sa compagnie, ainsi que celle de ma grand’-mère, de mon oncle par alliance et de sa fille — qui nous apportaient en plus des cadeaux. J’étais à l’époque incapable de réponde. Ce ne fut que, plus tard, quand j’eus le recul nécessaire que je me suis rendu compte d’une chose terrifiante : ma mère nous avait utilisés, mes sœurs et moi, contre sa belle-famille. J’ai trouvé (et je trouve toujours) ça infect de sa part.

À partir de ce moment, le schisme se fit dans ma famille. Dorénavant, je n’ai plus jamais vu ma mère et ma grand’-mère paternelle ou ma tante dans la même pièce. Ma grand’-mère et ma tante ont préféré s’effacer. Ce ne fut que lorsque j’eus 15-16 ans que je renouais contact avec ma tante (de ma propre initiative), et par ce biais, avec ma grand’-mère. Seulement, j’avais perdu quelque chose dans le processus : outre les quatre ans où je n’ai quasiment jamais vu ma tante ou ma grand’-mère, Noël s’est associé à cette “utilisation” de ma mère. Les réveillons se firent dès lors avec ma proche famille (c’est-à-dire mes parents et mes sœurs) avec, une fois ou deux, des invités surprise (des amis de la famille essentiellement). Je trouve l’ambiance pendant ces dîners de réveillon plombée et artificielle : chacun essaye de faire comme si tout allait bien dans la famille, alors que c’est loin d’être le cas.


Père Noël 3

Maintenant que mes sœurs, mes cousins et moi sommes assez grands pour fêter le nouvel an chez nos amis respectifs. Mes sœurs ou mes cousins ne s’en privent pas. Seulement moi, je me retrouve dans une situation délicate : mes amis de prépa qui sont en province préfèrent fêter le nouvel an dans leur famille et mes amis de l’école (qui viennent des quatre coins de la France) le fêtent du côté de chez eux. L’année dernière, je l’ai fêté par un repas qui a eut lieu chez ma grand’-mère maternelle. À l’époque, j’étais avec Fabrice, mais lui aussi était allé le fêter dans sa famille, en Normandie. Du coup, j’ai fait un repas avec ma grand’-mère maternelle, ma tante, son maris et mes parents. J’étais le seul de ma génération à y participer. Et comme ma grand’-mère ne pouvait pas veiller tard, je fus de retour chez moi à 11 h 30 du soir, à peine. Ce fut un grand moment de solitude…

Pour cette année, je ne sais pas encore. Il y a bien Frédéric (le thésard du labo dans lequel j’ai fait mon stage cet été) qui m’a proposé une soirée. Je ne sais pas encore si je vais répondre par l’affirmative — c’est une soirée déguisée (avec pour thème la flibuste) où je connaîtrais personne mis-à-part Frédéric, qui se déroule dans le XVe arrondissement. Le fait que je connaisse personne me stresse, je n’aime pas me déguiser et le XVe, c’est un peu loin pour moi (même si le réseau RATP reste opérationnel toute la nuit). Mais la seule alternative est pour moi de reproduire le schéma de l’année dernière : repas chez ma grand’-mère, puis moment de solitude devant l’écran de mon ordi…


Voilà donc mon état d’esprit, lors des fêtes de Noël. Seulement, cette année, un nouvel élément est à prendre en compte : ma dépression (ou plutôt mon « état anxio-dépressif majeur », comme le marque mon psychiatre sur les feuilles d’arrêt-maladie). Vivement que ces fêtes soient passées…



Note : Les pères Noël qui peuplent le message sont issus de la carte électronique que m’a envoyée Christophe “la Crevette” (oui, je connais autant de Christophe que je ne connais d’Olivier…). Christophe, ta carte m’a fait très plaisir et c’est pourquoi je tenais à la mettre sur mon blog. Comme Blogger ne gère pas les images GIF, j’ai éparpillé les trois images…



Bande-son : James Blunt – Out of my mind
Humeur du moment : Mélancolique

21 décembre 2005

Le décalage entre l’intention et l’interprétation

Ce message suit directement le message précédent (« La carotte et le bâton ») et a été plus ou moins écrit en même temps. Dans ce message, je tiens à souligner le décalage très souvent observé entre l’intention et l’interprétation (et les résultats qui en découlent), tout particulièrement dans les relations sociales. C’est d’ailleurs sur quoi concluait le-dit message.

J’avais déjà donné des exemples empruntés à mes propres expériences dans des messages antérieurs : le mail de Clément qui me “reprochait” de me la couler douce tout en continuant de percevoir mon salaire (le second paragraphe de la première partie du message « Mon héritage, et apprendre à faire avec » du 10 novembre) ou le fait que le psychiatre que je vais voir me parle de paranoïa par périphrases (dans le message « “On se sauve de tout par l’orgueil” » du 1er décembre). Un autre exemple est lié aux rapports que j’ai avec la plus grande de mes sœurs, Agnès. Agnès est d’une nature généreuse mais exacerbée. Quand je lui ai annoncé que j’étais homo par exemple, elle m’a lancé une phrase tellement en décalage avec ce que j’attendais que je l’ai mal pris : « Mais Clément, je le sais depuis longtemps ! » Super Agnès ! Moi qui faisais tout pour le cacher, ça faisait toujours plaisir à entendre…

À la suite de ça, on a eu une longue discussion dans laquelle je lui reprochais cette spontanéité qui peut blesser. Elle m’a dit que j’étais dur, que de demander à autrui ce dont on a envie d’entendre tient de l’impossible. En fait, ce n’est pas que je souhaite entendre de la bouche de l’autre les mots que j’ai envie d’entendre (enfin si, un petit peu, je l’avoue) ; c’est surtout de prendre garde à ce qu’on peut dire. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir que quelques paroles alignées dans une bonne intention peuvent avoir sur une personne. Dans la bouche d’Agnès, de même que le mail de Clément, c’était pour montrer l’intérêt qu’on me portait. Seulement, je ne l’ai pas entendu de cette oreille et dans les deux cas, au lieu de me remonter, cela m’a heurté. Car Agnès comme Clément n’ont pas conçu les dégâts qu’ont pu avoir leur intention sur moi. Je ne demande pas à autrui de dire ce que j’ai envie d’entendre, je veux juste que, pour reprendre l’image de mon précédent message, la méthode utilisée soit la carotte et non le bâton. Je veux juste que les personnes évaluent un minimum l’impact que peuvent avoir sur les gens leurs propres mots.


Car au final, ce n’est pas l’intention qui compte mais bien les résultats sur la personne. C’est bien beau d’avoir l’intention, seulement si ça a pour conséquence un mal ou une gêne, est-ce vraiment utile ?

Après, je ne dis pas que c’est uniquement de la faute de l’autre. Je dois moi aussi, d’une part réévaluer les paroles qu’on me dit, les replacer dans le contexte, prendre en compte la personnalité de mon interlocuteur, etc. ; d’autre part évaluer l’impact de mes propres paroles sur mon interlocuteur. En effet, je ne peux pas reprocher à autrui de ne pas évaluer les dégâts que peuvent causer quelques paroles dites dans un élan de bonne intention si je ne fais pas moi-même cette démarche. Pareil, j’y travaille. Et c’est dur. Entre les lèvres et l’oreille, entre l’intention et l’interprétation, entre la bonne volonté et les résultats, il y a un décalage. C’est ce qui fait que les relations avec autrui sont si compliquées. C’est également ce qui fait leur richesse.



Bande-son : Dead Can Dance – version live de Bylar
Humeur du moment : Crevé (les mêmes yeux explosés)

19 décembre 2005

La carotte et le bâton

Non, il ne s’agit pas d’une fable perdue de la Fontaine qu’on aurait retrouvée. Ce message fait partie du lot de messages qui pourrait faire changer le titre actuel du blog — « il faudrait que j’arrête de me prendre la tête » — par « Clément : mode d’emploi »…

ÂneSelon moi, il y a deux manières de motiver quelqu’un : le bâton d’une part, la carotte d’autre part. L’image est empruntée à la manière qu’avaient les meuniers et autres artisans utilisant l’âne comme moyen de transport pour le faire avancer. La première méthode consistait à placer une carotte attachée à une ficelle, elle-même raccordée à une baguette, que le meneur plaçait devant les naseaux de l’animal. Celui-ci en voyant la carotte se mettait à avancer pour saisir ledit légume qui donc lui échappait à chaque pas. Si la carotte ne suffisait plus (il ne faut pas prendre tous les ânes et autres mules pour plus bêtes qu’ils ne sont), le cavalier asinien avait recours à une méthode beaucoup plus radicale : le bâton. Sous les coups, l’animal se mettait à avancer.

Une personne qui cherche à motiver une autre a recours à l’une de ces deux pratiques — et quelques fois aux deux ! Je prends l’exemple de l’élève en prépa. Il y a deux manières de motiver un taupin : lui faire miroiter le prestige et le laxisme des Grandes Écoles qu’il peut intégrer ou alors le sermonner à chaque colle et lui mettre des sales notes accompagnées d’un sermon pas piqué des vers. Chez moi, la première méthode donne largement plus de résultats.

TOEICPar exemple, prenons le cas du TOEIC que j’ai repassé cet été. On m’aurait dit : « Tu bosses ton anglais deux heures par jour pendant une semaine et t’es sûr de te taper au moins 800 » (le maximum étant 1 000 et le minimum, bien sûr, zéro). Mais on ne m’a rien dit. J’ai bossé mon anglais pendant une semaine. Je me mettais au maximum dans les conditions du test. Mes résultats oscillaient entre 800 et 850 — sachant que l’école me demandait officiellement 750 pour minimum et officieusement “seulement” 605. Ce fameux samedi matin du mois d’août, je passe le test. Deux semaines après, je reçois le résultat : 770. C’est bon : j’ai dépassé la limite “officielle”, fixée par la Commission du titre d’ingénieur. Seulement, j’ai une différence nivelée par la bas d’une cinquantaine de points par rapport à mes entraînements. Pourtant le test passé n’était pas plus dur que ceux sur lesquels je me suis entraîné. Mais le stress, l’ambiance générale, le fait de savoir qu’en gros, je n’avais pas droit à l’erreur ont fait que je n’ai pas eu les 825 points, niveau qui me caractérise plus que les 770 points obtenus.


L’intégration à une Grande École se fait sur deux ans : la Sup et la Spé. En Sup, le rôle des profs est de “tamiser” afin de ne conserver que les meilleurs éléments, les plus susceptibles d’obtenir quelque chose à l’issue de la seconde année. Ils employaient donc la méthode du bâton. Autant dire que je n’ai jamais aussi mal vécu une année scolaire que la Sup. J’avais des mauvaises notes ; cela me stressait ; donc, pour éviter le stress, je travaillais moins (je suis souvent allé au cinéma durant ma Sup) ; et comme je travaillais moins, j’avais des mauvaises notes. Le cercle vicieux se refermait. Finalement, je suis passé de justesse en Spé, au culot (je n’ai pas passé le seul concours ouvert aux élèves de Sup — celui des Petites Mines * —, ce qui aurait permis à mes profs de me jauger) et aussi en jouant sur le fait que j’avais à ce moment-là des problèmes familiaux (la tentative de suicide de ma mère entre autres). Si j’avais “eu” les Petites Mines, j’aurais assuré sans problème mon passage en Spé. Comme je me savais parfaitement incapable de les “avoir”, j’ai préféré ne pas m’y inscrire.

Une fois en Spé, l’ambiance est toute différente : le but des profs n’est plus de “tamiser” mais de conduire le maximum d’élèves aux Grandes Écoles. Du bâton utilisé en Sup (la menace de ne pas passer en 2de année ou les réprimandes lors des colles), on était passé à la carotte (les profs essayaient de mettre en confiance les élèves, les assistaient, etc.). Autant vous dire que j’ai largement préféré l’ambiance qui régnait en Spé que celle en Sup.

Car la meilleure manière pour me faire réagir n’est pas le bâton (ce qu’on pourrait aussi appeler un « électrochoc »). Le bâton a sur moi l’effet inverse. Olivier-de-Nouvelle-Calédonie l’a testé à mes dépends (et un peu aux siens car il s’en est voulu par la suite). Au vue de l’état dans lequel son « électrochoc » m’a plongé, ma psy m’a bien recommandé de parler de ma dépression uniquement dans le cadre de la thérapie. L’intention d’Olivier était bonne et honorable, mais ne dit-on pas que l’enfer en est pavé, de bonnes intentions ?

Bref, si vous voulez à votre tour essayer de me faire réagir, évitez le bâton. Car que cela soit sur le physique (une crise de tétanie à la suite d’un vomissement volontairement provoqué, sensé me soulager l’estomac, par exemple) ou sur le mental, cela agit de manière exactement opposé : je suis plus mal qu’avant.

Je suis d’accord : je dois de mon côté me carapacer et ne pas prendre pour argent content la moindre chose que l’on me dit. J’y travaille…



Note : Le groupe des écoles des mines est constitué de trois écoles “principales” (situées à Paris, à St-Étienne et à Nancy) et de quatre écoles surnommées « Petites Mines » (situées à Alès, à Albi-Carmaux, à Douai et à Nantes). Pour en savoir plus, je vous renvoie à l’article de Wikipédia sur le groupes des écoles des mines.



Bande-son : Dead Can Dance – The ubiquitous Mr. Lovegrove
Humeur du moment : Fatigué

15 décembre 2005

Le petit chat est mort

Fréyr, le chat de mes parents est décédé cette nuit. Des calculs rénaux… Il avait à peine deux ans et demi. Il n’est pas tombé du toit mais c’est tout comme.



Va donc pas pleurer
Y s’baladait peinard
Il avait pas d’collier
Il était libre d’aller
Et d’rev’nir pour bouffer
Il était même pas prisonnier
De ton amour insensé

T’aurais quand même pas
Voulu qu’y vive comme un con
Sur le canapé
Loin des gouttières des pigeons
C’était un aventurier
T’aurais pas voulu qu’on l’attache
Y t’aurais miaulé : « Mort aux vaches ! »

Le petit chat est mort
Il est tombé du toit
C’est comme ça
Il a glissé sur j’sais pas quoi
Et patatra
On l’enterr’ra demain j’te jure
Dans un joli carton à chaussures

Le petit chat est mort
Et toi et moi, on va couci-couça
À cause de quoi ? À cause que c’est
Chaque fois comme ça
Pourquoi c’est toujours les p’tits chats
Et jamais les hommes qui tombent des toits ?


C’était un vrai sac à puces
Encore plus libre qu’un chien
Pas l’genre pour un su-sucre
À te lécher la main
Mais la liberté, tu vois
C’est pas sans danger, c’est pour ça
Qu’elle court pas les rues ni les toîts

C’était un vrai Titi
La terreur des p’tis oiseaux
La nuit y s’faisait gris
Pour les croquer tout chauds
C’est un peu salaud
Mais t’as jamais mangé d’moineau
C’est pas plus dégueu qu’un MacDo

Le petit chat est mort
Il est tombé du toit
C’est comme ça
Il a glissé sur j’sais pas quoi
Et patatra
On ira d’main dans un jardin
L’enterrer au pied d’un arbre en bois

Le petit chat est mort
Et toi et moi, on va couci-couça
À cause de quoi ? À cause qu’on s’demande bien pourquoi
T’as jamais un pape sur les toits
Être trop près du ciel, p’t’être qu’y z’aiment pas


Renaud Séchan (1994)



Bande-son : Renaud – Le petit chat est mort
Humeur du moment : Triste

09 décembre 2005

Putain de Freebox© de merde !

Ceci est un message destiné à évacuer la pression. Ça fait presque une semaine que ma Freebox se désynchronise régulièrement. Comme ça me courait sur le système (en gros, deux fois par jour, je me trouvais déconnecté), j’ai décidé vendredi dernier d’appeler Free.

Le technicien m’a parlé de « convecteur », sorte de petit rectangle de plastique qui se logeait dans les prises téléphoniques murales. Ce convecteur empêcherait le bon fonctionnement de l’ADSL. Je suis connecté sur le Net depuis mai 2004, soit un an et sept mois et ce ne serait que maintenant que ça se manifesterait… Soit.

Armé d’un tournevis, j’ouvre le boîtier de la prise téléphonique murale. Point de convecteur. Le technicien que j’avais fait venir il y a deux ans auparavant lorsque j’avais eu des problèmes avec ma ligne avait dû déjà le retirer.

Donc, je rappelle Free lundi, étant donné que la Freebox continuait à n’en faire qu’à sa tête. À 34 centimes d’euro la minute, ils ne se font pas chier… D’après le technicien que j’ai eu au bout du fil cette fois-ci, cette désynchronisation pourrait provenir du central téléphonique dont je dépends. Ça peut se produire lorsqu’il y a conflit entre plusieurs fournisseurs qui se partagent un même central.

Heureux le temps où il n’y avait que France Télécom. Au moins, des problèmes de conflit de ce type n’auraient pas existé ! Enfin bref, un technicien devrait se déplacer d’ici la fin de la semaine dans le central dont je dépends. Vivement qu’il règle de ce problème une bonne fois pour toute.

Quoiqu’il en soit, ce message a aussi pour but de dire aux personnes qui étaient en conversation avec moi (via MSN essentiellement) et qui m’ont vu me déconnecter sans rien dire que je suis désolé mais ce n’est pas de ma faute. Je ne suis pas du genre à me déconnecter comme ça, sans le dire…



Bande-son : Craig Armstrong – BO de Guns 1748
Humeur du moment : Énervé

07 décembre 2005

Coïncidences ?

Entendu dans Belphégor, ou le fantôme du Louvre :


Île« On croit que ce sont des coïncidences. […] Ça n’en est pas, voilà tout.
« — Que voulez-vous dire ?
« — Tout se tient.
« — Comment ?
« — Vous vous promenez en mer ; vous voyez une île. Vous dites : “C’est une île !” Hé bien non, je regrette, ça n’est pas une île. Enlevez l’eau et vous verrez que votre île est reliée à la terre ferme.
« — Et pour vous, les coïncidences sont des îles ?
« — Bah exactement ! Enlevez l’eau, vous verrez. »



Extrait de la 1re époque, Le Louvre, écrite par Jacques Armand (1965)



Bande-son : Guns n’ Roses – Knockin’ on heaven’s door
Humeur du moment : Zen

01 décembre 2005

« On se sauve de tout par l’orgueil »

Cette phrase, Flaubert l’a écrire en 1852 dans une lettre adressée à Louise Colet.


Mont OrgeuilPourquoi parler de l’orgueil ? Car je pense que c’est le défaut qui me caractérise le plus. Avant, quand on me demandais quels étaient mes défauts, je répondais : « La prétention ». Durant la 1re année en école, on a eu droit à une semaine de séminaire dédiée à la communication. Durant les quelques ateliers et travaux à faire, il fallait se présenter au travers d’un fait ou d’un trait marquant de sa personnalité, et tout ça en 3 minutes, montre en main. Moi, j’avais insisté sur le fait que je sois prétentieux. Ce qui avait “plu” à celle qui animait le séminaire, c’était mon côté gentiment provoc, genre « Je suis prétentieux, c’est comme ça. Et si vous êtes pas contents, hé ben tant pis pour votre poire. » Là-dessus, mes camarades de promo, issus des quatre coins de la France — donc avec leur lot de préjugés sur les Franciliens (ne niez pas, c’est une évidence que j’ai maintes fois observée) —, ne se gênaient pas pour me le rappeler. Mais comme l’avait relevé celle qui animait le séminaire sur la communication : si ça ne vous va pas, allez voir ailleurs.

Depuis, des gens comme le médecin du travail de l’IGN ou Andrew m’ont montré que ce n’était pas de la prétention. Être prétentieux, c’est prétendre à ce qu’on n’est pas. Moi, ce n’est pas mon cas. Si je suis incapable de faire tel travail, je ne vais pas m’en prétendre capable ; si on aimerait que je sois pour x ou y raison spécialiste dans un domaine donné, je ne vais pas prétendre l’être. Non, ce n’est pas la prétention, mon principal défaut, le défaut qui me caractérise. Le médecin du travail de l’IGN a été le premier à le nommer : l’orgueil.


OrgueilEt il a raison : je suis orgueilleux. Je m’en rends compte dès qu’on me sous-estime. Je déteste par-dessus tout que l’on me sous-estime. Un exemple parmi tant d’autres : j’ai 16 ans. Je vais ma visite annuelle chez le dentiste. Ma dentiste “habituelle” venait de prendre sa retraite. Ce nouveau dentiste m’explique comment me brosser proprement les dents : en allant de la gencive vers la dent pour éviter que le tartre pénètre dans l’espace entre. « Alors, tu prends ta brosse à dent, et tu brosses du rouge… vers le blanc, du rouge… vers le blanc. » (il me répète ça au moins 5 ou 6 fois). Merci, à 16 ans, je sais ce que c’est qu’une gencive, je sais ce que c’est qu’une dent. Autant vous dire que je n’ai jamais remis les pieds dans son cabinet, après ça.

Ça a été pareil quand j’ai vu le nouveau psychiatre des services psychiatriques de l’HIA Bégin — l’hôpital où je vais voir ma psychologue. « Vous êtes-t-il arrivé d’entendre des voix ? d’avoir vu des choses qui n’existent pas ? d’avoir l’impression que des personnes de votre entourage ont brutalement changé sans explication ? que vous-même vous avez changé ? » Autant me demander directement si j’ai des symptômes de paranoïa. Non, il ne m’est jamais arrivé d’entendre des voix, ni de voir des choses qui n’existent pas. Il ne m’a jamais semblé que les membres de mon entourage ont brutalement changé, et encore moins pour moi-même. En un mot, non je ne suis pas paranoïaque. Autant appeler un chat un chat. Je veux bien imaginer que le docteur faisait de son mieux mais je pense qu’à 24 ans, je sais plus ou moins définir la paranoïa…

Ce dentiste comme ce psychiatre m’ont laissé la même impression : ils m’ont sous-estimé. C’est donc bien mon orgueil dont il est question. « Un défaut typique des taupins » avait dit le médecin du travail de l’IGN. Tu m’étonnes ! Trois ans à te répéter que tu fais partie de l’élite de la nation, ça finit par rentrer !


Maintenant que je me suis rendu compte de ce défaut, il faut que j’apprenne à dealer avec. C’est dans ce sens que j’avais écrit le message « La franchise “première” ». Je suis orgueilleux donc il est certains choses que je déteste particulièrement qu’on me fasse. Ce sont (bien entendu le plus souvent) de broutilles, mais avant, comme je cherchais au maximum de ménager l’autre (ami, collègue, petit ami…), je le prenais sur moi. Par exemple, je ne supporte pas qu’on me gratifie de sobriquets du genre « mon grand » (ça me rappelle trop ma mère…), « baby », etc. Un exception toutefois : je laisse Agnès m’appeler « Kiki ». Sinon, le reste, je déteste ça. Maintenant, je le dis. Nico pourrait en témoigner, lui qui visiblement adore qualifier les gens de « mon grand », « mon chéri » ou encore « chouchou » (conversation MSN du 1er décembre).

Un autre truc que je déteste, c’est qu’on me dise ce que j’ai à faire, surtout si moi-même, je sais pertinemment que j’ai tel truc à faire. Ça rejoint l’idée de la sous-estimation. Et c’est quelque chose que je dé-tes-tais lors de ma relation avec Manu, qu’il me dise quoi faire. Mais à l’époque, je me taisais. Je ravalais mon orgueil. Je me disais que d’avoir Manu était une telle chance que ça valait bien que je rabaisse le caquet à mon orgueil. Avec le recul, je me rends compte que c’est idiot. De dire à Manu d’arrêter de me dire ce que j’avais à faire n’aurait pas constitué un motif de rupture. Maintenant que j’ai passé le cap de la franchise “première”, que j’apprends à gérer mon défaut, ça devrait mieux se présenter, dans mes relations futures.


Et puis, si Flaubert a raison, alors, je suis sauvé. Et ça, c’est une bonne nouvelle ! Et tant pis si pour certains, c’est un péché capital.



Bande-son : Dream Theater – Wait for sleep (puis rapidement le silence)
Humeur du moment : Migraineux