La franchise “première”
Comme souvent, l’idée m’est venue au cours d’une conversation. Cette fois-ci, c’était avec un contact que j’ai croisé sur le site de chat rezo.g, un Saint-Maurien qui se fait appeler « ABBACADABRA_6363 ». Je lui parlais de ma dépression (sujet de prédilection ces temps-ci, comme on pourrait s’en douter…). Ce garçon me faisait remarquer que beaucoup de nos relations (sociales, sentimentales, professionnelles) se retrouveraient simplifiées si chacun jouait le jeu de la franchise. Au lieu de chercher à plaire à l’autre et lui dire ce qu’il a envie d’entendre, dire le fond de sa pensée (sans pour autant être méchant volontairement).
Et je me suis rendu compte que pour ma part, il n’est pas rare (surtout au commencement d’une relation, qu’elle soit amicale, professionnelle ou amoureuse) que je ne joue pas entièrement le jeu de la franchise. Combien de fois ai-je émoussé mes sentiments ou mes arrières-pensées pour contenter l’autre ? Plus d’une fois. Il est vrai que dans le commencement d’une relation amoureuse, il est rare que la franchise s’affirme immédiatement : souvent, elle va à l’encontre de l’approche amoureuse, elle joue contre le jeu de la séduction. Du coup, on cache certains trucs (pas nécessairement “importants” mais existants tout de même), on ment par omission, on déforme légèrement la réalité. Et tout ça pour que plaire à l’autre.
La principale déception que je ressens dans une relation amicale tient de cela. En ne jouant pas entièrement le jeu de la franchise (ce que la relation amicale requiert un minimum tout de même), je passe sous silence des aspects qui reviennent par la suite me préoccuper. Généralement, ce sont des broutilles — Untel a passé mon devoir d’Histoire (que je lui avais gentiment prêté pour le dépanner) à un copain sans me le dire par exemple, des broutilles de ce type-là. Seulement, de broutilles en broutilles, l’accumulation crée un trop-plein. Je trouve alors que la relation amicale est loin de me procurer ce que j’en attends. Pourtant, il suffisait de le dire, au gars : « J’ai pas aimé que t’aies passé mon devoir comme ça, sans me le dire. » J’aurais pu le dire, j’aurais pu être franc et dire le fond de ma pensée. Je l’ai pas fait…
Aujourd’hui encore, je cherche au maximum à contenter les personnes de mon entourage, essentiellement mes amis. Guillaume constitue à ce propos un cas à part entière. En tant que mon meilleur ami, il a déjà eu droit plusieurs fois à des élans de franchise de ma part qui ne lui ont parfois pas du tout plu. Mais sinon, la plupart du temps, j’essaye d’être gentil, de contenter mes amis. Et petit à petit, ça crée des insatisfactions.
Maintenant, je me demande pourquoi je réagis comme ça. Est-ce que j’ai peur de me retrouver seul ? abandonné de tous ? sans ami ? C’est bien possible. Je vois ma psy demain. Je vais lui en parler… Quoiqu’il en soit, je vais à présent essayer de baser mes relations (amicales comme sentimentales) sur la franchise. Déjà que je les basais sur la sincérité (un grand pas pour moi quand je me suis décidé à le faire). J’ai entièrement fondé ma relation avec Manu sur la sincérité. Peut-être y manquait-il de la franchise ?
Je ne dis pas qu’il faut être franc à tout moment, en toute circonstance. Je donne un exemple tiré de mes relations professionnelles. Mon boulot consiste à transférer une base de données géographiques d’un système de gestion à un autre et d’en profiter pour la “dépoussiérer ”. Moi, ingénieur tout frais, j’arrive dans le service avec des idées de révolution. On m’a bien fait comprendre que la directrice du service est l’initiatrice de cette base de données. Je ne peux tout de même pas lui balancer en pleine poire : « Votre base de données est foutue n’importe comment. Il faudrait la refaire de A à Z ! », même si c’est vrai. Le tact ne va pas souvent de pair avec la franchise. Le tout, c’est de trouver un juste milieu entre ce qui doit être dit et la façon dont ça doit être dit. Seulement, la franchise ne s’encombre que très rarement du tact.
Dures dures, les relations humaines, tout de même…
Bande-son : Kenji Kawai – BO d’Innocence (je l’écoute beaucoup ces temps-ci)
Humeur du moment :
Crevé

1 commentaire(s) :
je suis bien d'accord avec ton contact de rezog ( domage que je le coknnaisse pas lol )mais la franchise pour moi est lma chos la plus importante pour une raison simple c que je pense que basé une relations sur un mensonge, meme par ommossion, c'ets voué a l'echec parce que un messonge est toujour decouvert et que comme une maison si les fondation ne sont pas stable l'ecroulement est assuré
Écrire un commentaire
<< Revenir