Insomnie, dessins et longs discours
Il est des choses qu’on lit dans les journaux, qu’on entend à la radio ou qu’on voit à la télé qui interpellent et qui restent facilement plusieurs jours un sujet de préoccupation, pouvant parfois engendrer une belle insomnie comme c’est mon cas actuellement.
Le principal coupable est le portrait du Hollandais Marthijn Uittenbogaard paru dans Libé. Marthijn Uittenbogaard est le président d’un parti nouvellement formé aux Pays-Bas (le 31 mai de cette année), parti appelé NVD (pour Partij voor Naastenliefde, Vrijheid en Diversiteit, littéralement « parti pour l’amour du prochain, la liberté et la diversité »). Parmi le programme abject de ce parti, on trouve entre autres :
- un libéralisme sauvage avec la possibilité à chacun d’ouvrir un commerce chez lui, la suppression du gouvernement et l’interdiction du déficit budgétaire,
- le sexe entre adultes et enfants (pédophilie), en baissant l’âge du « consentement » de 16 ans à 12 ans puis progressivement le supprimer,
- la légalisation de la pornographie enfantine — avec la baisse de l’âge légal pour pouvoir poser dans des revues porno de 18 ans à 16 ans — et la possibilité de posséder des photos ou des films à caractère pédophile,
- la légalisation du sexe entre humains et animaux (zoophilie),
- la légalisation de la nudité publique et de toutes les drogues,
- la prison à perpétuité pour les meurtriers récidivistes, ce qui permettrait de distinguer le “bon” pédophile (qui “aime” les enfants et ne leur veut pas de mal) des “mauvais” pédophiles (genre Marc Dutroux).
La totalité du programme se trouve sur le site officiel du parti.
L’article de Libé disait :
« “Amour du prochain, liberté et diversité” (NVD) : tel est le nom du parti pédophile lancé mardi à Amsterdam. Le principal objectif de ses fondateurs n’est pas de remporter des élections, mais de militer pour la légalisation de la pornographie enfantine et du sexe entre adultes et enfants. […] “À partir de 12 ans, on devrait être libre d’avoir des relations sexuelles, de voter, de jouer aux jeux d’argent et de choisir avec qui on veut vivre”, affirme le NVD. Ce mouvement voudrait aussi que l’âge légal passe de 18 à 16 ans, pour poser dans des revues porno. En septembre dernier, à Almere, un photographe a été condamné à vingt mois de prison ferme pour avoir fait des quantités de clichés pornographiques et abusé sexuellement d’une adolescente de 15 ans.
« “Les tabous et les dogmes ne font qu’aggraver la peur et l’intolérance”, proteste Ad van den Berg, 62 ans, co-fondateur du NVD, qui regroupe essentiellement ses amis de l’association pro-pédophile Martijn, fondée en 1982. “Depuis l’affaire Marc Dutroux, poursuit-il, il n’y a plus de discussion. Tous les pédophiles sont mis dans le même panier”. […]
« Pour l’instant, le seul effet du NVD a consisté à polariser un peu plus la société néerlandaise : l’association Martijn a été visée par une manifestation d’extrême-droite le 27 mai. La police a arrêté 20 membres du groupe d’extrême-gauche Action anti-fasciste (AFA) qui s’en sont pris aux manifestants d’extrême-droite. De son côté, Geert Wilders, député indépendant ultra-conservateur, a demandé à Piet Hein Donner, le ministre de la Justice, d’interdire un parti aux “idées aussi malades” avant même qu’il soit fondé. »
Il faut dire que s’il y a bien une chose qui me met à la fois en rogne, me choque et provoque en moi un mal-être prononcé, c’est bien la pédophilie. C’est quasiment un sujet tabou chez moi. Pourtant, rien dans mon enfance ou mon adolescence ne justifie cette habitude : je n’ai jamais été abusé ou quoi que ce soit. Mais la pédophilie est l’un des pires crimes. J’imagine bien que ça ne doit pas être facile à gérer pour le pédophile qui s’abandonne à son instinct malsain (je pense particulièrement au personnage de William Gladden dans Le Poète de Michael Connelly, personnage que l’on le sent tiraillé entre contenir son instinct et l’assouvir), mais les enfants de 12 ans (et même plus âgés) sont tellement influençables que l’idée même de “consentement” ne ressemble à rien. C’est même pire avec les animaux, encore plus vulnérables que les enfants. Il y a de quoi d’être misanthrope.
Puisque j’en suis à parler “politique” (enfin, de parti politique), il est naturel que je dévie le sujet de ce message vers un autre ayant également attrait à la politique. Cette fois-ci, ce n’est pas un article dans un journal mais quatre planches de BD parues dans le Télérama de cette semaine. Il s’agit d’une histoire signée Émile Bravo. En un minimum de parole et avec un certain coup de crayon (qui se révèle plus complexe qu’il n’y paraît au départ), Émile Bravo nous parle de la politique “économique” entraînant son personnage principal dans un spirale infernale aboutissant à une conclusion certes démoralisante mais néanmoins réaliste.
Et parce que souvent un dessin vaut mieux que de longs discours, je vous propose de découvrir cette histoire :
Sources :
Sabine Cessou, « Aux Pays-Bas, un nouveau parti pédophile »
(www.Libération.fr, mercredi 31 mai 2006, 12 h 23)
Émile Bravo, Une question de ressources humaines !
(Télérama no 2948, du 15 au 21 juillet 2006)
Bande-son : Le silence
Humeur du moment :
Insomniaque
Fatigué

Triste et anxieux

Pour la convaincre, on a convenu un “plan” : moi, je lui achetais Love Actually et elle m’achetait 
Pas d’humeur particulière






Mélancolique



Triste

Énervé

Zen


